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L'Histoire de l'abattoir public - Page 2

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L'Histoire de l'abattoir public
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Le Conseil Municipal revient sur sa première délibération.

Le 10 juin 1894, le Conseil Municipal revient sur sa décision pour les raisons suivantes :abattoir-2010-2

-La construction d’un tel bâtiment nécessiterait une dépense considérable pour la commune en raison de sa situation financière déjà obérée.

-La commune de Bénéjacq ne peut pourvoir à cette dépense extraordinaire sans contracter un emprunt.

-Ce nouvel emprunt et l’entretien du bâtiment resteraient à la charge de la commune si l’abattoir public n’était pas utilisé par les bouchers.

-Aucun boucher n’irait abattre dans cet établissement s’il ne devait y trouver un avantage réel notable.

-Les bouchers de Bénéjacq préféreraient même payer une taxe d’abattage plus élevée que celle de la commune dans un abattoir suffisamment proche de leur étal de vente, à raison des frais de transport qu’ils économiseraient et de la plus value que leurs viandes acquéraient en raison de leur bon aspect.

-Enfin, non seulement l’battoir public de Bénéjacq serait improductif, mais surtout que les dépenses occasionnées par cet établissement aggraveraient la situation de la commune au point de ne plus pouvoir la rétablir.

Le Conseil Municipal soucieux de préserver les interets de la commune décide à l’unanimité de ne pas lancer ce projet d’abattoir public.

La crainte des bouchers bénéjacquois de voir leurs tueries particulières fermées.

Le 17 février 1895, Le Maire donne lecture d’une lettre préfectorale qui l’informe qu’aucun boucher de la commune ne possède un local susceptible d’être aménagé conformément aux dispositions réglementaires.

Les bouchers de Bénéjacq Lacoste, Suberbielle, Buzy, Bertissant, Dupon, Latapie, Paillassa, Abadie Jean, Loste et Houert craignant que leurs tueries particulières soient fermées font une pétition et demandent l’établissement d’un abattoir public en s’engageant à y abattre les animaux destinés à la boucherie.

Vu la lettre préfectorale et vu la pétition des bouchers, le Conseil Municipal est d’avis d’établir un abattoir public à la condition que l’engagement pris par les signataires de la pétition soit exécuté.

Le Conseil décide à nouveau de projeter la construction de l’abattoir.

Le 6 octobre 1895, nouvelle lettre préfectorale priant le Maire d’adresser d’urgence un plan donnant la position de l’abattoir projeté et celle des habitations circonvoisines dans un rayon de 500 mètres. La lettre demande également de fixer le périmètre dans lequel les tueries particulières doivent être fermées et oblige la commune de payer les frais d’affichage de la demande.

Ce jour là, le Conseil Municipal décide, à l’unanimité,  que toutes les tueries particulières situées sur le territoire de la commune seront fermées dès que l’abattoir sera terminé. Il demande, en outre, à Monsieur le Préfet de bien vouloir étendre le périmètre des tueries jusqu’aux communes circonvoisines de Coarraze, Mirepeix, Bordères et Lagos. La commune s’engage à payer tous les frais d’affichage.

Le choix de l’emplacement de l’abattoir public.

Séance extraordinaire du 22 décembre 1897

Etaient présents : MM Pouret, adjoint, Graciette, Bégarie, Bignalet, Magendie, Soyeux, Lascourrèges, Cazenave, Poumes, Galin-Chéné, Teilh et Suberbielle. Absents : MM Camors, maire, Laban, Bourdette  et Taillefer.

Malgré le peu de garanties que leur apportent les bouchers à utiliser l’abattoir public mais devant l’inquiétude de la fermeture des tueries municipales qui entrainerait une perte dont l’ensemble des familles de Bénéjacq souffrirait, le 1er adjoint Mr Pouret (le maire étant absent), propose l’endroit ou serait implanté l’abattoir. Il s’agit de la Place du Baa (actuellement, c’est l’emplacement du local technique municipal, derrière le centre commerçant), préférable à tout autre endroit pour les raisons suivantes :

La proximité du canal public (ce canal n’existe plus) et du Lagoin éviterait toute dépense de prise d’eau et de canalisations.

L’eau ayant servi au nettoyage de l’abattoir pourrait être rejetée dans le canal public se jetant dans le canal du moulin de Broc ou elle se distillerait avant d’arriver à l’abreuvoir du quartier Capbat (situé près du pont du Lagoin, rue Henri IV).

L’avantage inestimable de la construction de l’édifice sur la Place du Baa assainirait cette place marécageuse qui n’est autre qu’un foyer d’infections de l’avis de tous les médecins de la région, provoquant la plupart des épidémies dont la population est ravagée.

Avant le passage au vote, Mr Magendie fait part de sa nette opposition à la construction de ce bâtiment à cause du manque de garantie de l’engagement des bouchers de Bénéjacq.

La décision d’implanter l’abattoir au quartier du Baa est adoptée avec six voix contre cinq (les noms ne sont pas précisés)

L’adoption définitive de l’emplacement de l’abattoir au Quartier du Baa.

Séance du 9 janvier 1898, étaient absents : MM Suberbielle, Poumès et Laban.

Mr Bégarie, avec le soutien de Mr Galin Chéné, conseillers municipaux, fait lecture d’un rapport qu’il a établi et qu’il soumet à l’approbation du Conseil sur la question qui est à l’étude depuis plusieurs années, la création d’un abattoir public.

Par ce rapport, Mr Bégarie veut éclaircir les malentendus qui règnent au sein de l’assemblée municipale  et également avec la Commission Départementale d’Hygiène. La Commission d’Hygiène pense que la municipalité s’oppose à cette édification alors que le Conseil est soucieux avant tout des finances de la commune et veut s’entourer de toutes les garanties. La municipalité ne se pressait pas car elle pensait, suite à une lettre évasive de la commune de Pau, que les bouchers avaient obligation d’abattre dans la ville de leur étal de vente.

Ce rapport s’élève aussi contre la question de tuer les porcs dans l’abattoir car il en serait matériellement impossible d’en assurer l’exécution. Du reste, les charcutiers n’exercent leur profession que pendant l’hiver, il serait déraisonnable de lancer des dépenses folles sur du matériel qui ne servirait pas pendant 8 mois de l’année. Du reste, Mr Bégarie souligne pendant la saison froide et à une heure assez avancée de la nuit, au retour des marchés d’achat, que ces charcutiers abattent jusqu’à 80 porcs à la même heure. (Il faut comprendre que 80 porcs sont abattus sur l’ensemble du village)

S’agissant de l’emplacement, Mr Bégarie s’indigne parce que la Commission d’Hygiène aurait choisi le Quartier La Lanusse pour installer l’abattoir, en effet, le Maire avait déjà communiqué cet emplacement à la Commission d’Hygiène sans en faire part au Conseil et la même Commission d’Hygiène a rédigé un rapport sur lequel elle confirmait l’emplacement du quartier La Lanusse. Ce rapport n’ayant pas été communiqué au Conseil avant la séance du 22 décembre 1897 qui avait voté pour l’édification de l’abattoir au Quartier du Baa. Le Quartier Capbat avait aussi été proposé, mais devant l’opposition des communes de Lagos et Bordères qui ne souhaitaient pas d’abattoir en aval du village de Bénéjacq, c’est le Quartier Baa qui a été préféré le 22 décembre 1897

Mr Bégarie fait la comparaison des 2 emplacements et démontre que le Quartier du Baa est le plus approprié, les émanations de l’abattoir partiraient vers les prairies et la foret communale proche, l’approvisionnement en eau serait garanti du fait de l’alimentation du canal public par le Lagoin et qui profite lui-même de l’alimentation du ruisseau Le Badé. Tandis qu’au Quartier La Lanusse, l’abattoir serait situé a à peine 10 mètres de la première maison alors que la commission préconise au moins 40 mètres. Les émanations iraient directement chez les voisins. En période sèche, le Lagoin n’aurait pas assez de débit pour alimenter en eau les canalisations. Il y aurait des travaux couteux de canalisations et l’abattoir serait alimenté par des canaux dédiés au fonctionnement des usines qui paient une taxe d’eau, la construction à cet endroit obligerait la commune à payer aussi ces taxes.

De plus,selon Mr Bégarie, les anciens conseils municipaux avaient prévu l’agrandissement du village par ce quartier, alors est ce que ces vénérables conseillers auraient prévus l’édification d’un abattoir à cet endroit là ?

Mr Bégarie présente aussi un devis estimatif de 4575 francs pour la construction d’un bâtiment de 20 mètres par 10 mètres et d’une hauteur de 4 mètres et précise avec force qu’un tel investissement ne serait seulement que pour les bouchers, seuls utilisateurs de cet édifice.

Avant la soumission au vote, Mr Bégarie demande que l’emplacement soit maintenu au Quartier du Baa et que le conseil recoure à un référendum pour avoir la garantie que tous les bouchers utiliseront cet abattoir.

Au vote, sont pour ; Mr Pouret adjoint, M. Mr Bégarie, Galin-Chéné, Lascourrèges, Taillefer et Souyeux.

Sont contre : Mr Camors, maire, MM Graciette, Bignalet, Teilh et Cazenave

S’abstiennent : MM Magendie et Bourdettes.

En conséquence, les conclusions du rapport de Mr Bégarie sont adoptées et l’emplacement définitif pour l’érection de l’abattoir est le Quartier du Baa