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L'Histoire de l'abattoir public - Page 4

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L'Histoire de l'abattoir public
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Les bouchers demandent des aménagements de l’abattoir.

Séance extraordinaire du Conseil Municipal, le 7 juillet 1907 :

Etaient présents,M Jean Galin-Chéné, Maire, Théophile Theil, adjoint, Basile Aubiès Trouih, Pierre Cazenave, Jean Hounieu, Jean Taillefer, Eusèbe Bourraqui-Sarré, Joseph Bignalet, Jean Pouret-Cadet et Jean Hurabielle.

Absents : MM Jean Pouret, Carmel Taillantou, Jean Poumes, Jean-Baptiste Lascourrèges, André Soubielle, M Graciette.

Le Maire communique au Conseil une lettre du Préfet qui accorde aux bouchers une prolongation de l’autorisation temporaire de sacrifier les agneaux dans leurs tueries particulières pour les motifs suivants :

-L’abattoir n’est pas partagé en compartiments indépendants pour empêcher les bouchers d’empiéter les uns sur les autres.

-Il n’existe pas auprès de l’abattoir des parcs à moutons en vue de loger les animaux qui doivent être abattus.

-Les locaux destinés à l’industrie de la charcuterie manquent et qu’il faudrait faire installer des échaudoirs pour l’habillage des porcs.

Le Maire fait constater le mauvais vouloir des bouchers à l’égard de la commune, jusqu’ici ils ne s’étaient pas plaints de l’insuffisance de l’abattoir disant qu’il n’avait été aménagé que pour l’abattage des vaches, bœufs et veaux. M Galin-Chéné s’indigne car c’est du parti pris et que s’il leur était donné satisfaction, ils réclameraient encore autre chose. Les bouchers abusent de trop de la bonne foi du Préfet afin de continuer à abattre le plus longtemps possible dans leurs tueries particulières ou ils ne seront pas surveillés.

Le Maire rappelle l’époque ou le Préfet menaçait de faire fermer les tueries particulières et pour que les bouchers puissent continuer à exercer leur travail, la Commune s’imposa alors en faveur des bouchers, une dépense de 15.000 francs à couvrir avec les revenus de l’abattoir. Le Préfet ne devait donc pas pousser la commune à faire de grands frais s’il devait ensuite autoriser les bouchers à déserter l’abattoir.

De plus, le Maire s’étonne de voir que le Préfet cherche à joindre la question de la charcuterie à celle de la boucherie, au point de faire dépendre l’autorisation temporaire accordée aux bouchers de l’installation, par la commune, de locaux destinés à l’habillage des porcs. La charcuterie n’est exercée que quatre mois alors que la boucherie se fait toute l’année. De nombreuses familles de Bénéjacq font de la charcuterie, pour suffire à cet abattage il faudrait construire des locaux immenses et qu’il y aurait folie à pousser la commune à faire cette dépense. Si la commune s’engageait à construire des locaux pour les porcs, n’y aurait il pas à craindre que les charcutiers se prévalant du mauvais exemple donné par les bouchers n’usent pas à leur tour de procédés semblables pour éluder l’obligation d’abattre dans ces locaux.

Le Conseil Municipal, à l’unanimité, décide qu’il est disposé à faire le nécessaire pour mettre l’abattoir en état de répondre aux réels besoins des bouchers, mais vu le petit nombre de bêtes abattues, il n’y a vraiment pas lieu de construire des parcs à moutons à coté de l’abattoir. Avant d’entreprendre des travaux, il s’assurera que l’autorisation préfectorale accordée aux bouchers d’abattre chez eux sera retirée sous peine de compromettre la situation financière de la commune.

Une délégation du Conseil se rendra chez le Préfet pour hâter la conclusion de toute cette affaire si importante pour la commune

Le renoncement de l’agrandissement de l’abattoir

Le 23 février 1908, le Maire annonce que la délégation n’a pas été reçue par le Préfet, mais par le Secrétaire Général qui leur dit  que le Préfet a été mis au courant par différentes lettres et déclare qu’il maintient les termes de sa lettre du 11 juin 1907.

Le Conseil délibère à nouveau s’il y a lieu de procéder à l’agrandissement de l’abattoir et décide à l’unanimité des membres présents de maintenir les termes de la délibération du 7 juillet 1907. Le Conseil espère également que le Préfet voudra bien se rendre à son avis et renoncer à vouloir imposer à la commune une charge des plus aléatoires et des plus dangereuses pour les finances municipales.

En remontant le cahier de délibérations jusqu’au milieu des années 20, il n’y a plus rien sur l’abattoir, si ce ne sont les votes des augmentations des taxes d’abattage.

Le déclin et la fin de son activité

L’eau courante est arrivée à l’battoir au tout début des années 1960. En 1965, fermeture des 3 dernières tueries des charcutiers, l’abattage des porcs se faisant aussi à l’abattoir.

En 1974 arrivent les premiers avis de fermeture des abattoirs de Nay et Bénéjacq parce qu’ils n’étaient pas inscrits au plan national des abattoirs. Celui de Nay sera fermé en 1975, celui de Bénéjacq sera définitivement fermé le 15 septembre 1986 après maintes menaces de fermetures.

L’activité de l’battoir aura duré environ 85 années. Le bâtiment a ensuite été loué à un ébéniste, puis à un métallier, de nos jours, il sert d’entrepôt municipal.

Pour l’anecdote, le local technique qui est aussi un entrepôt municipal est situé sur le 1er emplacement choisi de l’abattoir, c'est-à-dire le Quartier du Baa